L’indemnité de fin de mission (IFM) est un complément de salaire versé automatiquement à la fin d’une mission d’intérim. Elle compense le caractère temporaire du contrat et est obligatoire par la loi (article L1251-32 du Code du travail) dès lors que les conditions sont remplies.
Qu’est-ce que l’IFM en intérim ?
L’IFM, aussi appelée prime de précarité, s’ajoute à votre rémunération brute à l’issue de chaque mission. Contrairement au CDI, le contrat d’intérim n’offre pas de sécurité de l’emploi sur le long terme. La loi prévoit donc cette compensation financière pour tout intérimaire qui termine sa mission sans signer immédiatement un CDI avec l’entreprise utilisatrice.
Elle apparaît sur une ligne distincte de votre dernier bulletin de salaire, émis par votre agence d’intérim.
Qui a droit à l’IFM et dans quels cas ne la touche-t-on pas ?

En principe, tout salarié intérimaire qui mène sa mission à terme y a droit, renouvellement de contrat inclus. Vous pouvez également en bénéficier si votre mission débouche sur un CDD ou un CDI avec une autre entreprise que l’entreprise utilisatrice.
Quand l’IFM n’est-elle pas versée ?
Il existe des cas précis où la prime de précarité n’est pas due :
- Vous signez immédiatement un CDI avec l’entreprise utilisatrice à la fin de la mission
- Vous refusez un CDI pour le même poste, à conditions équivalentes
- Vous rompez votre contrat avant l’échéance, à votre initiative
- Le contrat est rompu pour faute grave ou force majeure
- Votre mission est réalisée dans le cadre d’un contrat CDI intérimaire
- La mission est à caractère saisonnier, si un accord de branche prévoit ce non-versement
- La mission comprend des actions de formation, un bilan de compétences ou une démarche VAE
Bon à savoir : si un délai « raisonnable » s’écoule entre la fin de votre mission et votre prise de poste en CDI dans la même entreprise, vous conservez en général votre droit à l’IFM.
Comment calculer son IFM intérim ?
Le montant standard de l’IFM correspond à 10 % du salaire brut total perçu depuis le début du contrat, renouvellements inclus. Ce calcul prend en compte :
- Le salaire brut de base
- Les heures supplémentaires
- Les primes diverses
Il exclut l’indemnité compensatrice de congés payés (ICCP), qui est calculée séparément.
Exemple concret : pour une mission de 100 heures au SMIC 2025 (11,88 € brut/heure), le salaire brut hors IFM est de 1 188 €. L’IFM s’élève alors à 118,80 €, soit un total brut de 1 306,80 €.
Pour une mission de 5 mois au SMIC mensuel (1 801,80 €), l’IFM atteint 900,90 € (une somme non négligeable).
À noter : certaines conventions collectives ou accords de branche peuvent prévoir un taux inférieur à 10 %. Dans certaines situations de rupture ou de négociation, il est aussi possible d’obtenir une indemnité supérieure au minimum légal.
Quand et par qui l’IFM est-elle versée ?
C’est l’agence d’intérim (entreprise de travail temporaire) qui verse l’IFM, en sa qualité d’employeur. Le paiement intervient à la fin de la mission, en même temps que votre dernier salaire, et figure sur le dernier bulletin de paie.
Sur le plan fiscal, l’IFM est traitée comme un élément de salaire :
- Elle est soumise à l’impôt sur le revenu (prélèvement à la source)
- Elle entre dans le calcul des cotisations sociales (retraite, chômage, CSG/CRDS)
Vous avez également la possibilité de placer tout ou partie de votre IFM sur un compte épargne temps (CET), si votre agence le propose. Certaines agences offrent des taux de rémunération attractifs sur ces sommes placées.
Si vous n’avez pas perçu votre IFM à la fin de votre mission, vérifiez d’abord que vous ne vous trouvez pas dans l’un des cas d’exclusion, puis contactez directement votre agence pour obtenir une explication.







